grouiller


grouiller

grouiller [ gruje ] v. intr. <conjug. : 1>
• v. 1460; p.-ê. de grouler, forme région. de crouler
I
1Vx ou région. bouger, remuer. « Le garçon, tournant manettes et leviers, grouille comme un mécanicien sur sa locomotive » (Romains).
2Mod. Remuer, s'agiter en masse confuse, en parlant d'éléments nombreux. fourmiller, pulluler. Les vers grouillent sur la viande avariée. La foule grouillait sur la place. « Ces enfants grouillaient tous, pêle-mêle, comme une nichée de chiens » (Balzac).
3(Choses) GROUILLER DE :être plein de, abonder en (êtres en mouvement). Cette branche grouille de pucerons. Rue qui grouille de monde. Absolt Le boulevard grouillait.
Fig. « Je suis dévoré de comparaisons, comme on l'est de poux [...] ; mes phrases en grouillent » (Flaubert).
II ♦ SE GROUILLER v. pron.
1Vx Se remuer, bouger. « Vous ne vous grouillez pas ? » (Molière).
2(1649) Mod. Fam. Se dépêcher, se hâter. Allez, grouille-toi un peu ! se dégrouiller, se manier. Grouillez-vous; on attend !

grouiller verbe intransitif (ancien français grouler, s'agiter, avec l'influence de fouiller) S'agiter en tous sens et en grand nombre : Les enfants grouillent dans la cour de l'école. Se trouver quelque part en très grand nombre : Les idées grouillent dans ce texte. Être plein d'une masse confuse et en mouvement : La rue grouille de monde. Être plein de : Ce texte grouille d'idées.grouiller (synonymes) verbe intransitif (ancien français grouler, s'agiter, avec l'influence de fouiller) Être plein d'une masse confuse et en mouvement
Synonymes :
Être plein de
Synonymes :

grouiller
v.
rI./r v. intr.
d1./d S'agiter en tous sens de façon confuse, et en grand nombre. Abeilles qui grouillent dans la ruche.
d2./d Grouiller de: fourmiller, être plein de. Ce fromage grouille de vers.
Fam. ça grouille de gens ici.
d3./d (Québec) Fam. Bouger. Grouille pas de là, je vais revenir.
rII./r v. Pron. Fam. Se hâter. Grouille-toi!

⇒GROUILLER, verbe intrans.
A. — Vieilli ou région. (Canada). Qqn/qqc. grouille. Bouger, remuer. Il n'est pas mort, dit le vieux moine, je le vois qui grouille (MÉRIMÉE, Mosaïque, Vision Charles XI, 1833, p. 217). J'allais m'asseoir sur le perron et je restais là sans grouiller, comme un homme qui a le mal du pays (HÉMON, M. Chapdelaine, 1916, p. 240).
Usuel, emploi pronom. Se remuer. P. ext., pop. Se dépêcher. Synon. se dégrouiller. Enfile-moi cet uniforme (...), grouille-toi (...), magne-toi le pot, le popotin si tu préfères (QUENEAU, Pierrot, 1942, p. 79).
♦ [Avec ell. du pronom] Tu as ces trois gourbis-là, pour ton escouade, grouille (DORGELÈS, Croix bois, 1919, p. 227).
B. — 1. Qqn/qqc. grouille (dans qqc.). [Le suj. désigne un animé au plur. ou un coll.] Vivre en grand nombre et s'agiter en tous sens. Synon. fourmiller :
Je ne sache pas que dans aucun roman on ait fait vivre ni remué de pareilles masses. Cela tantôt grouille et fourmille, tantôt est emporté d'un mouvement vertigineux par une poussée d'instincts aveugles.
LEMAITRE, Contemp., 1885, p. 271.
[Avec un compl. locatif] Le nombre infini des gens qui pullulent et grouillent en ces rues, places et ponts comme des fourmis (GAUTIER, Fracasse, 1863, p. 293).
P. métaph. J'avais dérangé ses pauvres larves d'idées, et elles grouillaient dans son crâne étroit (LARBAUD, F. Marquez, 1911, p. 131).
2. Qqc. grouille de. [Le suj. désigne un inanimé concr. considéré comme un lieu; l'obj. désigne un animé au plur. ou un coll.] Être le siège d'un mouvement confus et d'une agitation nombreuse de. Celui qui doute, qu'il aille en Égypte, et, là, il verra des champs grouiller de souris (J. ROSTAND, Genèse vie, 1943, p. 18).
REM. Grouilleur, -euse, adj., rare. Qui grouille. Un séisme en larves grouilleuses (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 619).
Prononc. et Orth. : [], (il) grouille []. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. 1480 + de « présenter une agitation confuse; fourmiller de » ici part. prés. grouillant de « plein de » (Baratre infernal ds DG : Ung monstre... grouillant de serpens); 1549 « s'agiter en tout sens, en parlant d'êtres nombreux » grouillant et frétillant (MARG., Nouv., XI ds LITTRÉ) plus gén. 1625 « remuer, bouger » (J. STOER, Le grand dict. fr.-lat. augmenté, Genève); 2. 1645 pronom. « se hâter » (CYRANO DE BERGERAC, Le pédant joué, IV, 4 ds ROB.). II. 1456-67 « gronder » (Cent Nouvelles Nouvelles, éd. Fr. P. Sweetser, 31, 142); 1718 « produire un bruit confus (des intestins) » (Ac.). I altération de l'a. fr. grouler « s'agiter, s'ébranler » (ca 1280, G. DE BIBBESWORTH, Traité, éd. A. Owen, 249, crouler, ibid., 250) forme secondaire de crouler, v. crouler2, sous l'infl. de verbes en -ouiller du type fouiller, cf. BL.-W.5. II altération du m. fr. grouller « grogner » (XIVe s. ds T.-L.) lui-même empr. au m. néerl. grollen « gronder » (GESCH., 130) sous l'infl. des verbes en -ouiller du type fouiller (FEW t. 16, p. 61a et 62a). Fréq. abs. littér. : 378. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 139, b) 428; XXe s. : a) 968, b) 676. Bbg. GUILLERAGUES. Plaidoyer pour grouiller. Déf. Lang. fr. 1967, n° 38, pp. 13-14.

grouiller [gʀuje] v. intr.
ÉTYM. 1480; p.-ê. de grouler, forme régionale de crouler.
1 Vx ou régional. (Personnes). Bouger, remuer. || Cet enfant grouille sur sa chaise. || Elle ne grouille pas plus qu'un morceau de bois (Académie).
REM. Le mot se rencontre encore dans des textes modernes, mais il est toujours marqué (stylistique, ou régional et fam.).
1 Et l'on demande l'heure, et l'on bâille vingt fois,
Qu'elle grouille aussi peu qu'une pièce de bois.
Molière, le Misanthrope, II, 4.
2 Ah ! le chameau, il n'a pas grouillé d'un pouce (…)
Zola, la Terre, III, V.
3 — Mais, ma brave femme, je vous ai déjà dit que votre homme et cette borne, c'est la même chose (…) Je ne peux pas faire grouiller les pierres, que diable !
Zola, la Terre, V, I.
4 Le garçon, tournant manettes et leviers, grouille comme un mécanicien sur sa locomotive (…)
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. IV, XVIII, p. 196.
4.1 Il enfonçait son menton dans le sable, puis son museau entier, il mangeait, il donnait des coups de boutoir, il respirait le sable, il suffoquait, grouillait, se noyait.
J.-M. G. Le Clézio, la Fièvre, p. 172.
2 Mod. Fam. Se dépêcher (→ ci-dessous, Se grouiller). || Il va falloir grouiller, si tu veux finir à temps.
4.2 C'est alors que Fédor Balanovitch fit son apparition.
— Allons grouillons ! qu'il se mit à gueuler. Schnell ! Schnell ! remontons dans le car et que ça saute.
R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 123.
3 (1718; « gronder », mil. XVe). Produire un bruit sourd et continu (des intestins).
4 Mod. Cour. (Sujet au plur. ou nom collectif). Remuer, s'agiter en masse confuse, en parlant d'éléments nombreux. Fourmiller, pulluler. || Insectes, fourmis qui grouillent sur le sol (→ Engourdissement, cit. 1). || Les vers grouillent dans ce fromage. || Enfants, animaux qui grouillent dans une ruelle. || La foule grouillait sur la place. || Des millions d'êtres grouillent sur la croûte terrestre (→ Apparition, cit. 4).
5 Ces enfants grouillaient tous, pêle-mêle, comme une nichée de chiens.
Balzac, le Médecin de campagne, Pl., t. VIII, p. 511.
6 Je voyais les députés grouiller comme des insectes noirs au fond d'un puits.
France, Histoire comique, X.
7 (…) les révoltes anciennes grouillent dans le centre du Céleste Empire (…)
Rimbaud, Illuminations, Soir historique.
Figuré :
7.1 Il s'allongea sur son lit, mais au bout de dix minutes, il en eut assez de voir grouiller ses pensées. Il sortit.
R. Queneau, les Derniers Jours, p. 121.
5 Cour. (Sujet n. de chose). Présenter une agitation confuse; être plein de, abonder en… || Cette branche grouille d'insectes. || Route, rue qui grouille de monde. || Une plage à la mode qui grouille de baigneurs. Grouillant. Absolt. || Le boulevard (cit. 2) grouillait.
8 (…) plusieurs passants sont arrêtés devant une boutique. La rue grouille derrière eux, les frôle de son mouvement, les sollicite (…)
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. I, II, p. 33.
Figuré :
9 Je suis dévoré de comparaisons, comme on l'est de poux, et je ne passe mon temps qu'à les écraser; mes phrases en grouillent.
Flaubert, Correspondance, 360, 27 déc. 1852, t. III, p. 79.
tableau Verbes exprimant une idée de mouvement.
——————
se grouiller v. pron.
1 (1645). Vx et régional. Se remuer, bouger.
10 Vous ne vous grouillez pas ?
Molière, la Comtesse d'Escarbagnas, 2.
REM. Les éditeurs de 1730, 1734 ont corrigé en « vous ne grouillez pas ». « La correction même (…) semble prouver que la forme réfléchie était un provincialisme ». Despois et Mesnard, Notes, in Molière, éd. Hachette (Grands Écrivains de la France).
2 (1649). Fam. Se dépêcher, se hâter. || Allons, grouillez-vous ! Dégrouiller (se). || Il va falloir te grouiller. || Grouillons-nous, le train va partir !REM. Cet emploi est plus courant et moins marqué (quoique familier) que grouiller, intransitif.
11 (…) j'entendis, comme je dormais bien fort, du monde dans notre rue, criant tout bas tant qu'il pouvait « Aux voleurs ! » Dame, je me levai sans me grouiller, je mis mon chapeau dans ma tête (…)
Cyrano de Bergerac, le Pédant joué, IV, 4 (1649).
12 Grouille-toi. Puisque j'te dis qu'ils viennent !
Francis Carco, Jésus-la-Caille, III, II.
13 picard, pressé. Sans vous commander, chef, vous devriez vous grouiller… On doit encore passer prendre le patron (…)
H.-G. Clouzot et J. Ferry, Quai des Orfèvres, 1947, in l'Avant-Scène, no 29, p. 25 (1963).
DÉR. Grouillant, grouillement, grouillis, grouillot.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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